Les quotidiens régionaux français ont tous un site web, qu'ils gèrent plus ou moins bien. J'ai eu envie d'avoir un aperçu de leur classement en audience. Je suis donc allé chercher sur Alexa, histoire de savoir quels sont les plus gros sites et au contraire les plus anecdotiques. Je me suis basé pour cela sur la liste des quotidiens régionaux de Wikipedia. Le chiffre obtenu est le classement mondial selon le site Alexa (qui est sans doute contestable dans ses valeurs, mais pas dans ses tendances). J'ai relevé ces valeurs ce 24 janvier 2009 (elles varient évidemment très régulièrement). Pour ceux pour qui ces chiffres sont peu parlants, sachez qu'aujourd'hui jeuxvideo.com est 471ème, et le jeune Toutlecine.com 35.558ème.
Voici le classement :
1. Le Parisien 7.062
2. Ouest France 11.561
3. La Dépêche du Midi 14.561
4. La Voix du Nord 20.954
5. Le Télégramme de Brest 36.483
6. La Nouvelle République 37.429
7. Les Dernières Nouvelles d'Alsace 37.433
8. Sud Ouest 41.819
9. Le Dauphiné Libéré 43.806
10. Le Progrès 51.420
11. Midi Libre 67.567
12. Nice Matin 87.826
13. Charente Libre 106.319
14. L'Est Républicain 112.781
15. L'Alsace 117.189
16. Corse Matin 165.337
17. Var Matin 202.733
18. Presse Océan 220.118
19. La Montagne 226.772
20. Paris Normandie 252.794
21. La République du Centre 261.850
22. Le Courrier Picard 459.237
23. Le Berry Républicain 495.986
24. Le Populaire du Centre 607.073
25. La Marseillaise 629.775
-. Le Républicain Lorrain n.c.
-. Le Journal du Centre n.c.
Selon Alexa, à l'exception des premiers du classement dont l'incontournable Parisien, les sites des journaux de PQR font une audience relativement modeste, ce qui peut-être inquiétant pour leur survie à long terme. Mais, ce n'est pas étonnant dans la mesure où la PQR française est peu ou pas innovante sur le web.
On peut aussi noter un beau tir groupé des journaux du groupe Centre France : La Montagne 19ème (derrière Presse Océan qui a une diffusion 5 fois plus faible), Le Berry Républicain 23ème, Le Populaire du Centre 24ème, et le Journal du Centre qu'Alexa ne connait même pas.
> les sites des journaux de PQR font
> une audience relativement modeste, ce
> qui peut-être inquiétant pour leur survie
> à long terme.
Le problème des sites d'info c'est qu'ils sont exposé à une forte en concurrence sur Internet (là ou grâce aux cout d'impression et de distribution ils bénéficiaient d'une position de monopole ).
Les journaux avec leur rédaction de 100 journalistes (sans compter tous le personnel autour) n'ont AUCUN avenir sur Internet. Il faudra certainement abaisser d'un facteur 10 les cout de production (et couts de personnels) pour espérer être rentable sur Internet.
Il me semble que l'enjeu pour l'information en ligne est de calculer au plus juste le cout de production et donc de mélanger les professionnel et les amateurs une sorte de User Generated Content de qualité.
Rédigé par : Laurent Bervas | 24 janvier 2009 à 10:02
Juste une petite réflexion pour conclure ...
j'ai l'impression que ce qui va caractériser la période qui s'ouvre c'est qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde. Si l'on a besoin de 10 fois moins de personnel pour faire tourner une rédaction, on peut appliquer ce raisonnement a de nombreuses activité qui, grâce à Internet, automatisent un nombre ahurissant de taches.
Sans être un chaud partisan des 35 heures, si ce qui précède est vérifié il faudra bien réinventer une nouvelle manière de concevoir le travail et le fonctionnement de la société sans quoi nous risquons de vivre des périodes noires ...
Rédigé par : Laurent Bervas | 24 janvier 2009 à 10:11
Salut laurent !
Oui, je suis assez d'accord sur les rédactions (surtout pour les supports non nationaux) qui disposent d'énormément de journalistes, ce qui ne correspond pas à un modèle rentable pour le net.
Et je crois aussi qu'il y a beaucoup à creuser sur le modèle du user generated content, comme tu le soulignes (ce que ne font pas ou très peu les journaux cités ci-dessus). En la matière, les initiatives les plus innovantes ne viennent jamais des acteurs déjà installés, mais de nouvelles boîtes qui comprennent mieux les enjeux du net. Il y a déjà des intiatives dans ce sens en France (les Agoravox & co...), mais nos amis américanis sont beaucoup plus en avance dans ce domaine, avec de nombreux magazines online locaux sur le modèle participatif : certains sur un statut d'entreprise, d'autres portés par des associations à but non lucratifs.
Reste toutefois une difficulté : en presse locale/départementale/régionale, sur le net les business modèles sont encore à éprouver. C'est encore très expérimental. Mais, il finira bien par y avoir un modèle qui se dégagera !
Rédigé par : Lightman | 24 janvier 2009 à 10:58
@Lightman
J'ai testé sur le site du Linutop un modèle que je trouve intéressant.
http://www.linutop.com/mag.en/
Les articles sont rédigés par un journaliste spécialisé sur l'Open source. Il est payé à la pige sur une base de 60 euros.
Chaque article génère 3000 VU suite a des reprises sur des Digg like, ce qui fait le VU à 60 / 3000 = 0.02 centimes d'euros, alors que les mots clefs google coutent 1 euros dans notre domaine. C'est donc très rentable !!!
Cela ressemble a un modèle de type parrainage.
Cela devrait intéresser tous les sites marchands qui sont tous a la recherche de flux de visiteurs, sachant que plus le contenu est de qualité et original plus il sera repris ...
Rédigé par : Laurent Bervas | 24 janvier 2009 à 17:08
Laurent> Oui c'est une ide intéressante de comparer la production de contenu à l'achat de mots-clés Google. Et parfois, ça peut marcher (comme c'est le cas dans ton exemple).
Rédigé par : Lightman | 25 janvier 2009 à 10:42
La faiblesse de la PQR n'est pas vraiment étonnante. Soit on a des sites archaïques, soit des sites peu remplis. Et parfois les deux. La presse locale continue par exemple de faire payer l'accès à son contenu local, ou de le publier en retard, ou de le publier en partie avec des renvois vers le papier.
Cela prête parfois vraiment à sourire, car l'écriture journalistique étant différente, l'article fait un renvoi au papier là où cela commence à être intéressant.
On pourrait penser que le poids financier, leur emprise sur l'économie locale et leurs rédactions pourraient être un avantage pour s'emparer du web local et hyperlocal. Mais cela semble plus un frein actuellement. La PQR a mis des mois à trouver un accord avec ses journalistes pour trouver un accord sur la production de contenu, et toutes les nouvelles formules continuent à faire payer l'actu locale. Pas étonnant mais un frein certain au développement des audiences.
Rédigé par : Bertrand | 25 janvier 2009 à 12:51
Bertrand> Il s'agit là d'une explication partielle aux problèmes de la PQR sur le net. La vraie raison, c'est que ces gens n'ont pas la moindre idée de la façon dont on crée, on développe et on maintient un site web de contenu. Ils n'ont pas la moindre idée de leur cible sur le web, n'ont pas d'idée sur la façon d'écrire sur le web, de la façon dont se comportent les internautes...
Ils ont donc les résultats correspondant à leurs compétences, c'est à dire des résultats que peuvent avoir des amateurs dans un domaine qui est désormais très concurrentiel.
Rédigé par : Lightman | 25 janvier 2009 à 17:38
Bien sur il faut savoir générer et maximiser une audience mais le problème de la PQR sur internet est et restera par définition une audience limitée car regionale, donc une activité peu rentable.
Rédigé par : Aligator | 27 janvier 2009 à 00:46
Aligator> Sans doute, mais si l'activité offline est peu rentable pour la PQR, elle est pour l'instant très loin de la rentabilité online. Laissant le champ libre aux pure players internet qui vont bien finir par trouver un modèle économique viable même pour de la news locale (y compris avec du participatif).
Ca risque de faire mal dans quelques années pour la PQR traditionnelle, quand les gens ne liront plus ou presque plus de journaux papier...
Connaissez-vous beaucoup de gens de la génération internet prêts à s'abonner à un journal papier ? Les mesures de Sarko ne changeront pas cette tendance lourde : le compte à rebours est enclenché pour la presse offline, quotidiens compris.
Rédigé par : Lightman | 27 janvier 2009 à 08:48
J'oubliais la citation qui va bien : "there will be no media consumption left in 10 years that is not delivered over an IP network. There will be no newspapers, no magazines that are delivered in paper form. Everything gets delivered in an electronic form. "
Steve Ballmer, PDG de Microsoft, dans le Washington Post, 5 juin 2008.
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/story/2008/06/04/ST2008060403830.html?sid=ST2008060403830
Rédigé par : Lightman | 27 janvier 2009 à 08:52
Accordez-moi ici le plaisir d'administrer un magistral bourre-pif à cette vilaine idée reçue en vous présentant les derniers chiffres Nielsen/Mediametrie :
8.619.000 visiteurs uniques pour la Presse Régionale ! Un bond de plus de 700.000 VU en un mois.
La presse a manifestement encore de belles heures devant elle, et la Presse Régionale y est pour quelque chose.
Si les sites de PQR ne sont pas encore au point au niveau du contenu, c'est que leurs titres papiers sont aussi beaucoup moins dans la panade que ceux de la PQN. Il va falloir cependant se bouger, j'en conviens. Les moyens ne sont pas encore mobilisés, mais les forces vives existent.
Quant au site du Journal du Centre, il existe bien depuis 2006, comme les autres sites du groupe Centre France qui sont arrivés plus tard que les autres sur le web.
Rédigé par : pqr | 18 février 2009 à 15:56
Désolé, mais vous avez le nom de domaine qui fait tout.
Monsieur tout le monde qui va taper jeuxvideo sur Google va tomber sur votre site. Et en voyant que ce dernier est professionnel, il va le mettre dans les favoris et ne suivre que celui-là, sans aller plus loin.
C'est le nom de domaine qui vous sauve, ni plus ni moins.
Rédigé par : Sorpolo | 18 février 2009 à 21:53
Sorpolo> Damned nous sommes découverts !! Puisque tu connais maintenant la recette micracle, ne te gêne pas pour réserver plein de domaines génériques et pour faire la même chose que nous. C'est si facile :)
Rédigé par : Lightman | 25 février 2009 à 17:37